Reisebericht
Botswana, Namibia. Moremi, Savuti, Chobe, Kwando, Okavangodelta, Maun
Parlez vous safari?
Les repas à la belle étoile sous le merveilleux ciel austral, les animaux traversant le campement, les discussions auprès du feu à n’en plus finir… Un safari c’est tout ça, et bien plus encore. Une approche bien particulière du pays, une relation directe avec la nature, un véritable langage à apprendre afin de vivre au mieux cette aventure. Pendant dix jours, je me suis jointe à un groupe venu de Stuttgart pour un séjour au Nord Est du pays, entre Botswana et Namibie. Une expérience intense, tout simplement inoubliable.
Lundi 14 août. Il est à peine 6h00, le soleil n’est pas encore levé, Julian vient me réveiller en m’apportant une tasse de café. Il est déjà temps de démonter les tentes, dans deux heures nous partons direction la Namibie. Cela fait maintenant 48 heures que je partage la vie d’un groupe de huit Allemands en safari. Je les ai retrouvés samedi à Kasane au Botswana.
Par groupe de deux dans un silence de cathédrale, chacun range ses affaires. En moins d’une petite heure tout est en ordre, il ne nous reste plus qu’à nous attabler pour le petit déjeuner. Sur la table Philemon, notre cuisinier Owambo, a préparé un festin: pap (semoule locale), œufs brouillés, fruits, café, thé et bien sûr son célère pain. Chaque jour il confectionne un énorme pain de seigle, dont il garde jalousement la recette et le fait cuire dans un trou creusé dans le sol ! Un vrai régal.
Il est déjà près de 7h30, nous devons lever le camp, une longue route nous attend. Nous faisons un arrêt à Katima Mulilo, la capitale de la région du Caprivi pour faire le plein de provisions. Certains en profitent pour visiter le marché local où les étals de poissons et artisanat donnent une vraie saveur africaine. Nous nous remettons
rapidement en route. Tout au long du chemin, Jimmy, notre guide et chauffeur (patron de Southern Cross Safari) nous inonde de détails sur la faune et la flore que nous rencontrons et répond à toutes nos questions. Il est tout simplement incollable. Il faut dire qu’il a eu le temps d’emmagasiner des connaissances depuis tant d’années. Son premier safari, il l’a fait il y a bientôt 40 ans, encore jeune garçon, aux côtés de son oncle. «A cette époque c’était vraiment magique. Il n’y avait presque pas de touristes en Namibie. Quand on arrivait dans un bar au milieu de nulle part, les locaux étaient ravis de voir enfin des nouvelles têtes. Et pour nous qui n’avions pas de frigidaires, c’était un vrai délice de pouvoir avoir une boisson fraîche après plusieurs jours de bush. Autant te dire que c’était la fête».
A 16h00, nous arrivons enfin à Nambwa, un camp communautaire entièrement entretenu et administré par des locaux. Nous installons nos tentes au bord de la rivière. Cette fois ci nous allons rester deux nuits. Aussitôt le campement en place, nous filons sous la douche, enfin une douche chaude! Dans notre camp précédent, au milieu du bush, Jimmy nous avait installé une douche à ciel ouvert, très pratique mais une seule pour onze personnes! Autant dire que l’eau chaude était plus que limitée. Il est ensuite grand temps d’aider Philemon à la préparation du dîner tout en profitant du merveilleux coucher de soleil qui nous fait face, alors qu’au loin les hippopo-tames se rappellent à nous. Le repas est vite avalé ce soir, nous allons tous nous coucher très tôt, la route nous a épuisés.
Mardi 15 août. Ce matin, grasse matinée, Jimmy ne nous réveille qu’à 7h30! Juste après le café, nous partons à la recherche d’animaux. Le petit déjeuner sera pour plus tard. Pendant deux heures, nous sillonnons les routes du parc sans grand succès. Seuls quelques impalas, babouins et oiseaux sont au rendez-vous. Qu’importe, depuis une semaine que mes compagnons sont en safari, ils savent désormais que la patience est la règle d’or. Jimmy s’arrête, il croit reconnaître des empreintes de léopards. Nous apprendrons un peu plus tard dans la journée qu’il avait raison. Nous retournons au campement vers 11h où un brunch bien mérité nous attend. Merci Phillemon! Puis chacun est autorisé à occuper son début d’après-midi à sa guise. Je me décide pour une petite balade autour du camp en compagnie de Julian, alors que le reste du groupe opte pour une sieste ou pour un peu de lessive.
15h30, nous nous retrouvons autour d’une tasse de café. Jimmy nous explique que nous devons partir d’ici une demi-heure pour un point d’eau afin d’y contempler le coucher de soleil et avec un peu de chance des animaux. Quelques minutes de route et nous atteignons notre point d’eau. De loin nous apercevons un groupe d’éléphants quitter les lieux. J’espère que nous n’arrivons pas trop tard! Nous garons le camion aux pieds d’un arbre où une plate-forme a été installée à 4 ou 5 mètres de hauteur. Un point de vue extraordinaire que nous avons testé ce matin. Mais si la montée m’avait paru délicate, la descente avait été quant à elle périlleuse. J’y serais encore sans l’aide de Regular et Julian. Quatre d’entre nous décident tout de même d’y monter. A ce point de vue extraordinaire, je préfère la terre ferme. Courageuse mais pas téméraire comme l’on dit.
Je pars avec le reste du groupe m’installer un peu plus loin sur le sable. Jimmy nous met en garde: les éléphants peuvent arriver de n’importe où, il nous explique comment parer à cette éventualité. Armés de nos jumelles, nous observons les éléphants se succéder au bord du lac. Un véritable festival. Pendant près de deux heures nous avons tout le loisir de les étudier, un groupe en chassant un autre. L’un des mâles essaie de se joindre à un groupe qui ne semble pas être le sien. Les barrissements s’intensifient, les oreilles s’agitent. Finalement il cède et s’en va. De nombreux bébés éléphants sont également présents, le spectacle est superbe. Jimmy nous offre une coupe de champagne alors que le soleil nous abandonne tranquillement. Moment magique. Un peu plus tard, avant que le soleil ne se soit totalement couché, nous récupérons le reste de nos compagnons, nos «Tarzan et Jane» d’un jour. Ils sont tout sourire, il faut dire que de leur plate-forme ils étaient idéalement situés, juste au dessus des éléphants.
De retour au camp, la plupart d’entre nous s’autorisent une bonne douche chaude. Demain, au programme camping sauvage, donc pas de douche. Après le repas, délicieux comme à l’habitude, nous déposons nos chaises autour du feu. Nous sommes en hiver et les nuits sont plutôt fraîches. Nous revenons sur notre expérience de la journée. Avant de nous séparer, Jimmy nous parle de la journée de demain. Nous devrons partir très tôt, nous avons un peu de route en camion puis en bateau…
Mercredi 16 août. Ce matin, le réveil se fait à 5h30 ! Dur dur! Mais la bonne humeur est là et le café aussi, donc personne ne se plaint. Nous rangeons une nouvelle fois tout le matériel dans le camion, notre groupe est désormais bien rodé, chacun sait ce qu’il a à faire. Après le petit déjeuner près de la rivière avec un merveilleux lever de soleil, nous montons dans le camion que nous allons par la suite abandonner pour un nouveau moyen de transport, le Mokoro. Ces petits bateaux de bois sont utilisés par les pêcheurs du Caprivi. Chaque embarcation accueille deux d’entre nous plus son conducteur. A la manière des pirogues de Venise, il se tient debout à l’arrière du Mokoro muni d’une grande tige de bois sur laquelle il s’appuie pour nous faire avancer. Nous nous déplaçons en file indienne en silence au milieu des papyrus et roseaux.
Une bonne heure et demie est nécessaire pour atteindre notre île. Après avoir monté le camp et déjeuné, nos chauffeurs nous emmènent pour une deuxième sortie en Mokoro pour le coucher de soleil, moment de quiétude indescriptible, seuls les hippopotames, toujours eux, osent briser le silence.
Ce soir l’expérience «camping» est encore plus intense, plus marquante. Seuls sur l’île, au contact direct des animaux, sans eau ni électricité, une immersion totale. Jimmy m’explique «l’important c’est d’avoir à la fois ce côté exclusif, un campement pour nous seuls, et en même temps la sécurité. Nous sommes au milieu de la nature, de l’aventure oui mais tout en respectant à la fois la nature, les lois du pays (NDLR: permis en règle et paiement des parcs trop souvent oubliés) et les règles de sécurité de base. C’est pour cela qu’il est important de bien choisir sa compagnie» Il est vrai que tout peut arriver à tout moment. Le soir, après le dîner, autour du feu, Julian revient sur une anecdote. La veille de mon arrivée des éléphants ont traversé le camp. Il dormait sur le toit du camion, pour profiter du ciel austral, quand Jimmy le réveille en pleine nuit. Il ouvre les yeux et se retrouve nez à nez avec un éléphant. Une expérience inoubliable qui aurait pu tourner au drame sans une équipe connaissant parfaitement le bush, sachant comment se comporter en toute occasion. Un équipe qui comprend et parle parfaitement le «safari»…
Nous quittons le feu et chacun se dirige vers sa tente. Tout au loin je crois reconnaître un hippopotame. Jimmy me félicite, j’ai enfin reconnu le son d’un animal! Il me dit en rigolant, «ça y est Aurélie, toi aussi tu commences à parler le safari!»
Von: Aurélie Jégou
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